20 mai 2022

19/05: La richesse des paysages de la nationale 7 de Tuléar à Ranohira

 Jour 16 : La route du Far-West Malagasy,  à travers les plaines , la ruée vers le saphir à Ilakaka , les rochers du parc de l'Isalo à Ranohira

Après notre belle semaine sur la côte ouest direction les grands espaces de la région de Ranohira. Nous quittons le Bambou Club sous l'oeil des jolies statuettes de bois figurant des scènes de vies qui entourent les bungalows du gite. 

Nous marquerons un court arrêt à Tuléar pour un retrait d’argent liquide. Nous longerons un bâtiment gouvernemental à l'entrée duquel se pressent en de longues files d’attente les étudiants qui viennent récupérer le montant de leurs bourses, souvent perçues avec plusieurs mois de retard. Chaque échéance suscite grèves et manifestations pour ce même motif.

Des cyclopousses de composition rudimentaire au confort comme au look dénotent un dénuement certain de la population comparé à ceux des villes plus au Nord.

Confirmant cette situation de difficultés considérables dans les transports, particulièrement dans le sud, nous croisons ce bus à la gare routière en partance pour le Nord. Tout y est entassé, hommes, marchandises ou bagages.

Dans ces conditions de transport, la campagne gouvernementale de protection contre la Covid 19 paraît bien dérisoire.

Toliara, ville carrefour et capitale du Sud Ouest, est le point de départ de cette fameuse RN7 qui traverse le pays du Nord au Sud. Nous l'empruntons en direction de notre prochaine étape, Ranohira, "l'eau des lémuriens" en langue bara, l'éthnie de la région.

Nous trouverons au début du trajet plus d'animation que lors de nos précédentes étapes, plus d'habitants, de villages, de cultures le long de cette route, épine dorsale de circulation à Madagascar.

Régulièrement nous apercevons ces tombeaux le long de notre trajet. Il sont "fadi", c'est à dire interdit de les montrer du doigt. Il faut plier la première phalange de l’index pour ce faire. Sur ces tombes très colorées des peintures représentent la personne ensevelie, parfois son métier et ce qu’elle aimait de son vivant.

La présence et surtout le nombre de cornes de zébus posées sur la sépulture indique la quantité d'animaux abattus pour les cérémonies mortuaires, donc le degré de fortune ou de considération dont a joui le défunt. En outre, les plus riches sépultures se trouvent souvent à proximité de la route principale. 

Cette position de visibilité accrue est une façon supplémentaire d'honorer les morts. Il faut que les décorations de leurs tombes puissent être admirées par les passants.
Cette coutume est, du reste, toute différente de celle d’autres éthnies qui, au contraire, dissimulent leurs cimetières dans des fourrés, des dunes, des falaises souvent peu accessibles comme dans les Tsingy.

Ces tombes aux façades colorées nous en rappellent d'autres que l'on a vu ailleurs, celles du cimetière roumain très connu de Sapanta (classé Unesco en 2004) où pratiquement toutes les tombes sont décorées de représentations de la profession des défunts. Nous ne pouvons résister au plaisir de montrer la joyeuseté de la vie qui ressort des ces parures.

Puis très vite le paysage change, devant nous une longue bande d’asphalte qui court jusqu’à l’horizon, la route semble infinie dans cet immense plateau de l'Ihorombe avec ces étendues d'herbes jaunes.

On nous avait promis le Far West malgache et bien on y est !

Les troupeaux de zébus complètent le tableau de ces grandes plaines.

Arrêt à Sakaraha plaque tournante du trafic du saphir. La région autour de la rivière Ilakaka a été prise par "la fièvre bleue", celle du saphir. Une vraie ruée vers l'or bleu avec des villages champignons, des drames humains et du racket, ambiance Far-West qui colle avec le paysage.

Suite au récent cyclone, la route s’est effondrée et de nombreuses personnes cherchent la pierre précieuse dans les éboulis.

Soudain émerge le relief du massif de l'Isalo, magnifié par la lumière du soleil couchant. Il mérite son  surnom de Colorado Malgache avec ses panoramas splendides .

Le soleil est déjà bien bas lorsque nous arrivons au lodge où nous passerons deux nuits.

La belle végétation qui entoure ce joli chalet bungalow laisse entrevoir les roches du parc.




19 mai 2022

18 Mai : Bouquet final de la côte ouest, pirogue, fonds marins et relaxation

Jour 15 :  Barrière de corail en pirogue, plongée tuba, repas langoustes et poissons grillés, massage sur la plage

A 8 heures ce matin nous embarquons dans la pirogue à balancier avec Franck et son cousin, cap sur la barrière de corail pour une plongée avec masque et tuba sur un haut fond marin pour observer coraux et poissons.

Peu de vent tous à la pagaie.

En s’éloignant de la côte le vent vient enfin gonfler la voile, l'occasion de remarquer la dextérité de nos marins sur des embarcations aux gréments faits maison rudimentaires mais efficaces.

Après avoir scruté les fonds, Franck enroule la voile, on se met à l’eau sous l'oeil de nos deux accompagnateurs.

Une petite balade sympa, des coraux bien vivants, la prise de photo n’est pas évidente car nous n’avons pas de palmes et au fond le courant s’avère important. Alain a pu faire quelques apnées photos.

De retour sur la plage, un repas de langoustes et poissons grillés nous a été préparé par la famille de Franck, un régal.

Michelle profite des propositions des jeunes femmes sur la plage, 1 heure de massage bien relaxant sur la plage à l’ombre des cocotiers.

Sieste, baignade, lecture, traitement des photos sur la terrasse et bien sûr l’instant coucher du soleil sublimé ici par ce décor, la journée idéale pour cette fin d'étape le long du canal du Mozambique.




18 mai 2022

17 Mai: Nos dernières traces sur la piste de Salary à Mangily Ifaty

 Jour 14 : La dernière partie de bord de mer  jusqu'à Mangily 

Comme presque tous les jours nous sommes levés à l'aube pour profiter de nos journées particulièrement lorsqu'on emprunte des pistes comme aujourd'hui. C'est d'ailleurs notre dernier jour de piste en bord de mer.

Nous pouvons profiter du lever de soleil qui commence à embraser l’horizon.

Il a bien rendez-vous avec la lune  "La lune est là, la lune est là ..."  

Et surtout prendre le temps d'un solide petit déjeuner pour entamer cette journée.

Aujourd’hui notre itinéraire longera pour la dernière lois la côte du canal du Mozambique. Nous traverseront une immense forêt d’épineux surplombé de baobabs ainsi que des villages de pêcheurs façonnent les paysages. Ce sera 4 heures de "vues sur mer", l'occasion de multiples pauses photos.


Bien visible à l’horizon la barrière de corail, c'est là que les pêcheurs lancent leurs filets. Les marées sont importantes dans cette région et elles contraignent les pirogues à regagner la côte avant le retrait de la mer.



Sur cette dune la plantation de sisals offre ses élégants motifs à notre regard.


L'ouest de Madagascar manque cruellement d'infrastructures et les circuits courts de l'économie locale  sont visibles sur les routes par les activités de transports de marchandises à la seule force humaine ou animale comme ces porteuses d'eau souriantes malgré les bidons de 25 litres d'eau bien en équilibre sur leurs têtes.

C'est le cas aussi de cette porteuse de bois, combustible indispensable à la vie quotidienne.

Et au bout du chemin l'incontournable marché pour se nourrir et échanger.

Le soleil est au zénith, les coins d’ombre sont recherchés par cette petite famille.


Mais aussi par ce groupe de zébus.


C'est l'heure de la pêche pour de nombreux enfants à le recherche de coquillages, crabes ou poulpes.

La mer s’est retirée et a laissé la place aux pêcheurs à pied.

Un intermède beauté avec ce masque qui recouvre le visage de nombreuses femmes et dont le nom Masonjoany est celui de l’arbre qui sert à confectionner l'onguent utilisé.

Les coiffures joliment tressées sont visibles partout quelque soit l'activité et l'âge des femmes.

La piste se termine ici, mais pas une seule fois nous avons subit ces trajets comme une contrainte. Les  beaux espaces vierges se méritent et cette côte est splendide, un Eden de sable et de mer baigné de lumière. Le changement est brutal avec le retour sur  le bitume de la RN9.

Avec la route on retrouve l'animation des échoppes et des commerces ambulants.


Nous arrivons rapidement à Mangily et au Bamboo Club, note gite pour deux nuits dans ce joli et spacieux bungalow non loin d'une belle piscine à débordement.

Séjour au calme et au milieu d’une belle végétation au bord d'une baie de sable blanc.

Nous déjeunerons chez Daniel sur la plage à la fois hôtelier restaurateur, piroguier, organisateur de sorties... Toute sa famille est mise à contribution pour organiser les activités qu’il propose .


C’est Franck son fils qui nous accompagnera durant ces deux jours, tout d’abord avec une visite à la réserve Reniala , un arboretum et sentier botanique de beau spécimen de baobab dont le plus gros fait 13 m de circonférence.

Nous allons ensuite au village des tortues, centre créé en 2005 pour protéger ces tortues araignées et radiée deux espèces menacées par des trafics, souvent recueillies aux douanes d’aéroport.
Elles sont placées dans de nombreux enclos et nurseries, pour être soignées, nourries, et élevées, avant d’être relâchées dans leur milieu naturel, il y a en moyenne 5000 spécimens sur place.

   C’est décidé à partir de maintenant nous ne nous déplacerons qu'avec la traction animale.


Pour plus d’autonomie Alain s’est empressé de passer son permis de conduire le char à zébus

Trop fort il l’a eu du premier coup .

Les derniers rayons du soleil guident nos pas vers la plage.

 Avec la mer pour nous tous seul

Et pour une fois je ne resterai pas derrière mon appareil photo.