Jour 16 : La route du Far-West Malagasy, à travers les plaines , la ruée vers le saphir à Ilakaka , les rochers du parc de l'Isalo à Ranohira
Après notre belle semaine sur la côte ouest direction les grands espaces de la région de Ranohira. Nous quittons le Bambou Club sous l'oeil des jolies statuettes de bois figurant des scènes de vies qui entourent les bungalows du gite.
Nous marquerons un court arrêt à Tuléar pour un retrait d’argent liquide. Nous longerons un bâtiment gouvernemental à l'entrée duquel se pressent en de longues files d’attente les étudiants qui viennent récupérer le montant de leurs bourses, souvent perçues avec plusieurs mois de retard. Chaque échéance suscite grèves et manifestations pour ce même motif.
Des cyclopousses de composition rudimentaire au confort comme au look dénotent un dénuement certain de la population comparé à ceux des villes plus au Nord.
Confirmant cette situation de difficultés considérables dans les transports, particulièrement dans le sud, nous croisons ce bus à la gare routière en partance pour le Nord. Tout y est entassé, hommes, marchandises ou bagages.
Dans ces conditions de transport, la campagne gouvernementale de protection contre la Covid 19 paraît bien dérisoire.
Toliara, ville carrefour et capitale du Sud Ouest, est le point de départ de cette fameuse RN7 qui traverse le pays du Nord au Sud. Nous l'empruntons en direction de notre prochaine étape, Ranohira, "l'eau des lémuriens" en langue bara, l'éthnie de la région.
Nous trouverons au début du trajet plus d'animation que lors de nos précédentes étapes, plus d'habitants, de villages, de cultures le long de cette route, épine dorsale de circulation à Madagascar.
Régulièrement nous apercevons ces tombeaux le long de notre trajet. Il sont "fadi", c'est à dire interdit de les montrer du doigt. Il faut plier la première phalange de l’index pour ce faire. Sur ces tombes très colorées des peintures représentent la personne ensevelie, parfois son métier et ce qu’elle aimait de son vivant.
La présence et surtout le nombre de cornes de zébus posées sur la sépulture indique la quantité d'animaux abattus pour les cérémonies mortuaires, donc le degré de fortune ou de considération dont a joui le défunt. En outre, les plus riches sépultures se trouvent souvent à proximité de la route principale.
Cette position de visibilité accrue est une façon supplémentaire d'honorer les morts. Il faut que les
décorations de leurs tombes puissent être admirées par les passants.
Cette
coutume est, du reste, toute différente de celle d’autres éthnies qui, au
contraire, dissimulent leurs cimetières dans des fourrés, des dunes, des
falaises souvent peu accessibles comme dans les Tsingy.
Ces tombes aux façades colorées nous en rappellent d'autres que l'on a vu ailleurs, celles du cimetière roumain très connu de Sapanta (classé Unesco en 2004) où pratiquement toutes les tombes sont décorées de représentations de la profession des défunts. Nous ne pouvons résister au plaisir de montrer la joyeuseté de la vie qui ressort des ces parures.
Puis très vite le paysage change, devant nous une longue bande d’asphalte qui court jusqu’à l’horizon, la route semble infinie dans cet immense plateau de l'Ihorombe avec ces étendues d'herbes jaunes.
Les troupeaux de zébus complètent le tableau de ces grandes plaines.
Arrêt à Sakaraha plaque tournante du trafic du saphir. La région autour de la rivière Ilakaka a été prise par "la fièvre bleue", celle du saphir. Une vraie ruée vers l'or bleu avec des villages champignons, des drames humains et du racket, ambiance Far-West qui colle avec le paysage.











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