09 mai 2022

6 et 7 Mai: Des hautes terres à Masiakampy embarquement sur la Tsiribihina

Jour 4 et 5: La route des hautes terres jusqu'aux portes du fleuve Tsiribihina

Le programme des 10 jours suivants nous conduira jusqu'à la grande ville de Tuléar la plus au sud de notre périple soit plusieurs centaines de kilomètres pratiquement tout sur des pistes de terre, dans une des régions les plus sauvages de l'ile.

Aujourd'hui nous emprunterons la RN34 pour rejoindre Miandrivazo où nous passerons la nuit.

Tache vitale pour la réussite de notre périple la bonne organisation du chargement du véhicule dont nous allons prendre aussi la mesure du confort pour la protection du bas du dos au cours de ce long voyage. Le constat de cette journée sera qu'il est bon pour le service.
Nous allons rouler sur la dernière route goudronnée de cette région du centre-ouest de l'île, la RN 34.

Un passage aux bains de la source d'eau chaude d'origine volcanique du Ranomafana. Une bonne entrée en matière pour affronter les kilomètres en toute sérénité.

C'est parti pour profiter des paysages de la haute terre de l’Ouest riche en couleurs et variés. Ici la culture du riz.

Le battage manuel pour récupérer les grains, un gros travail  

Et maintenant le riz sèche sur la route même.

On voit défiler les habitations faites de briques d'argiles car le bois manque ici, les champs cultivés en terrasse, riz ou bien légumes, les troupeaux de zébus en pâturage ou les travaux des champs comme le pilage de la farine de manioc.


Arrivée à la nuit tombée à Miandrivazo où nous passerons la nuit.

Après l'arrêt déjeuner à Mandoto situé à mi-chemin entre Antsirabe et Miandrivazo dans un "routier" malagasy.
La route avant Miandrivazo descend progressivement de 1500m d'altitude à 300m passant d'une température de 23 à 32 degrés.
De la ville la plus froide, Antsirabe à la ville la plus chaude de Madagascar, contraste garanti.


Dans cette ville carrefour, la vie s'anime le soir où il fait mois chaud pour les courses, moment de vie sociale intense.

Arrivés à 17h30 c'est l'heure où le soleil se couche dans les tropiques (ici celui du Capricorne) pour se lever à 6 heures tous les jours. Michelle ne veux pas rater celui-ci.

Jour 4 le 7 mai : La piste pour embarquer à Masiakampy pour trois jours de descente de la Tsiribihina.

Petit déjeuner à Miandrivazo devant la plaine avant notre départ pour Masiakampy située à 35Km.

 Première expérience des pistes Malagasy.

Après 20 km de route goudronnée et 15 km de piste, arrivée au village. 

La traversée du village de Masiakampy 


La Tsiribihina est l’un des fleuves les plus attrayants de Madagascar grâce à ses richesses, la verdure des paysages, les oiseaux, les lémuriens et aussi les crocodiles.

Nous sommes pratiquement les premiers touristes depuis deux ans, accueillis avec intérêt par les enfants à l'enthousiasme parfois un peu débordant, c'est l'effervescence autour des chalands et des barques à moteur.

Accueillis à bord du chaland "Sirène", Michelle répond à la curiosité des enfants comme elle peut.

Avant le départ présentation de l'équipe, le skipper Leda, le cuisinier Lutin et son aide Hanita, deux matelots Jean et Todi qui révèlera ses grands talents de chanteur guitarise et deux stagiaires en formation, une équipe très unie.

Une fois les présentations faites c'est le top départ et nous plongeons tout de suite dans l'action car le niveau d'eau du fleuve est limite en ce début de saison sèche.

Il faudra donc pousser le chaland pour passer les bancs de sables.

Tout le monde s'y met l'équipage, les marins des autres embarcations et nous voilà partis pour plus de deux heures de labeur car le bateau est très lourd - ISA, ROA, ...TELO - (1, 2 et 3 en malagasy) et l'on pousse presque centimètre par centimètre, aucun énervement pas de cris, nous découvrons cette qualité des malagasy qui nous montre leur caractère conciliant très appréciable.


Destination les gorges de la Tsiribihina, reconnues pour la beauté de leurs paysages avec notamment leurs grands rochers en étage, les lémuriens comme le Lémur fauve et les oiseaux comme le Héron cendré, le Héron ardoise et aussi les canards sauvages et la vie des habitants s'adaptant au rythme du fleuve.

Beaucoup d'enfants nous sourient au passage de la "Sirène".

Nous croisons quelques chalands qui remontent le fleuve.

Puis le fleuve s'élargit découvrant de belles perspectives

Nos premières forêts de baobab

Souvent les pirogues avec passagers et bagages qui traversent le fleuve.

Et de nouveaux des habitants des rives qui repiquent les plants de riz .

Peu à peu le fleuve nous insuffle son rythme lent, régulier, apaisant au bruit ronronnant du diesel qui donne le tempo. Nous prenons le temps d'observer les mouvements, les changements de couleurs, les bruits en provenance des berges ou de la surface de l'eau tout en appréciant les odeurs et les battements de la vie animale et humaine.  On ressent l'instant présent, mélange d'immobilité du chaland et d'animation. 

Michelle nous fait partager ces moments avec ses images comme ici avec le premier crocodile aperçu attendant sa proie, ce n'est pas le moment de faire trempette.

Vue de côté

Mais aussi de face, prêt à accueillir leurs proies la gueule ouverte.


Les panoramas vus du pont du bateau

Les oiseaux sont omniprésents comme ces aigrettes en grand nombre prenant la pose.

Ou bien en sentinelles sur leurs promontoires

Ou encore plus près de leur garde-manger sur cet îlot artificiel fait de bois charriés par le fleuve.

Mais ils ne sont pas seuls à guetter les poissons voici le milan à bec jaune et aux redoutables griffes .

Nous ne sommes pas seuls sur l'eau cette artère de vie des gens du fleuve, les Sakalavas dont le nom  signifie littéralement, les hommes de la vallée.

Petits et grands sont à l'aise dans ces étroites pirogues.

Aux émotions des rencontres succèdent les moments de détente et de bien être, en premier lieu les repas toujours copieux et bien présentés, que du bonheur pour le palais.

Après manger comment ne pas se sentir relax pour l'un...

Comme pour l'autre


L'après midi touche à sa fin, les rives se resserrent signe que nous entrons dans les gorges de la Tsiribihina, avec ces magnifiques sculptures de pierre.

Nous bivouaquerons sur la rive, sur une grande plage de sable juste avant la cascade d’Anosin’ampela un point fort de cette descente. 


Mais avant d'aller se reposer les yeux une belle surprise nous attend nous rappelant le temps des veillées en pleine nature autour d'un feu de bois avec toute l'équipe. Et pour accompagner, le choeur des chanteuses inspirées de leur pratique des chants d'église.

En danses et en chansons..

Quelle meilleure façon de clore cette première journée de vraie rencontre avec les richesses naturelles et humaines des Malagasy et de Madagascar.

Laissez vous emporter par cette superbe chanson malagasy composée et interprétée par notre matelot chanteur qui raconte sa propre histoire, sa rencontre avec sa femme et la venue de sa petite fille, Emotion garantie, larme à l'oeil pour Michelle.




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